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La Robe de Chair de Jana Sterbak nous fait reflechir à la reconnaissance d'une oeuvre

parametric design, architecture and art

Vanitas cuir

Dans l’exposition elles @centrepompidou de Beaubourg, on peut retrouver une oeuvre de Jana Sterbak:
Vanitas: Robe de chair pour albinos anorexique  (1987).

Dans un premier temps l’attention du spectateur est capturée par un mannequin éclairé par le haut, qui montre sa spectaculaire robe fait de chiffons en nuances noisette .

On s’approche alors pour mieux comprendre, et tout de suite l’œil est attire jusqu’à au fond de l’espace ou une petite photographie accroché ou mur explique enfin la vrai nature du matériau.
Une jeune femme est portraiturée avec le même vêtement mais “frais” : c’est de la viande!

Ce qui nous fascinait  commence maintenant à  dégoûter.
On est presque habituées à accepter le fait que l’art contemporain utilise depuis longtemps la provocation comme principal instrument de communication et dans l’instant on peut penser que après tout c’est un peu triste et appauvrissant que s’habiller avec un grande entrecôte puisse être reconnu comme un grandiose acte  artistique.
Un provocation vide allors, ou on peut trouver un message ? …Quel est son message ?
La petite affiche explicative à côté de l’oeuvre récite le commentaire de l’artiste:

“…Vanitas pourrais  évoquer les changements que le temps imprime à la perception des ouvres .

Le jour du vernissage quand on expose la robe la chair est crue. Puis la viande sèche et commence à ressembler au cuir; elle devient alors acceptable.

Cela est aussi vrai pour les artistes.

Certains conservateurs préfèrent travailler avec des artistes mort, car ils dérangent moins….”

“…Vanitas could also be about the way time changes our perception of works. On the day of the opening when the dress is exhibited the flesh is raw. Then the meat dries and starts to look like leather. Then every thing is better, it becomes acceptable. This is also true for artist. Some curators prefer to work with dead artists because they’ re less troublesome”

Jana Sterbuk in Catherine Francbln, Jana Sterbuk, La condition d’animal human ( interview) Art press, n 329, Décembre 2006

Et pour l’architecture? et pour les architectes nous pouvons dire la même chose?
Qu’est-ce que c’est donc la reconnaissance collective d’une oeuvre ?
A quel point l’habitude aux principes, aux formes, aux matériaux, aux idées peux être responsable de cette transformation de chair à cuir?

On peux donc s’habituer à tout?
Qu’est-ce que c’est mieux risquer dans la recherche de la viande ou s’abandonner dans le plus rassurant emploi du cuir?
Et puis, nous avons encore besoin de la provocation ou aussi la provocation est devenu une habitude avec tout ses aspects dangereux et attirantes?
Aujourd’hui, la robe de chair reste visible, portée sur son mannequin de couturier en bois,
sa présentation , sa couleur et sa  consistance de cuir nous donne l’impressiion d’etre devant un vêtement de haute couture.

Dans une seul ouvre Jana Sterbuk resume le rapport que le temps a avec une création humane dans la perception qu’on en a.

 

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