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Les entretiens de complexitys : #2 la realisatrice Morena Campani et l’espace-temps de l’architecture

parametric design, architecture and art

Nous avions parlé en italien de notre rencontre avec Morena Campani, une architecte-réalisatrice qui travaille dans son Cabinet Projets Culturels, avec qui nous avons au projet de film-documentaire sur le quotidien et l’innovation culturelle en architecture ( Big Brother de l’architecture? ). Elle a eu la chance de travailler en tant qu’architecte avec Dario Fo, et maintenant elle se dédie à une recherche artistique autour des questions du vide en architecture et de la relation espace-temps.

C’est donc à partir de cette relation que Morena, dans l’entretien pour complexitys, aborde la première question sur les rapports entre architecture et ingénierie. Son regard n’est pas celui d’un technicien: au contraire, son discours met en évidence une nécessité forte de redécouvrir les aspects spirituels de l’architecture. Des références plus ou moins directes aux domaines de l’anthropologie, de la psychologie et de l’ésotérisme contribuent à construire un discours proposant une approche très  originale, mais qui retrouve pourtant des liaisons fascinantes avec les visions précédemment exposées par Hugh Dutton. En particulier, comme Hugh, Morena aussi propose une vision relationnelle du rapport entre architecture et ingénierie.

Dans sa vision, l’ingénierie est l’espace, son calcul et sa présence, et elle représente la figure du père. L’architecture est alors le temps, le flux des mouvements dans cet espace – ce vide -, le rythme des processus comme la marche ou la respiration. L’architecture est l’éloge de la création, elle est donc mère. Le résultat ( le fils ) dépend directement de la relation de ce couple qui, comme disait Hugh Dutton, a malheureusement tendance à communiquer de moins en moins.

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Morena Campani déclare sans peur que le monde que nous vivons est constitué des nouvelles technologies, qu’on ne peut même plus se positionner pour ou contre elles. Nous nous en servons, plus ou moins certes, mais elles sont là et elle font partie de notre quotidien et structurent notre monde. Cela pose évidement la question de la communication humaine, directe, de l’âme pour ainsi dire – “il faut laisser l’âme transmettre directement son savoir, ses idées, les émotions et les projets”.

C’est pourquoi on aurait tendance à voir dans l’entretien de Morena une sorte de vision miroitée axée sur le présent, qui accepte d’un coté la révolution technologique et qui mise sur l’innovation du future, mais qui regarde aussi très loin dans le passé. Elle nous invite, nous architectes, à récupérer le passé, à le transformer en direction du futur, pour redécouvrir les anciennes connaissances de cette figure du “maitre architecte”, riche de connaissances qu’on a perdu dans les écoles d’architectures aujourd’hui: les connaissances du cosmos, des étoiles, de nos corps dans l’espace.

L’architecte n’est pas “l’artiste plasticien, le sculpteur du monde. L’architecture est quelque chose de plus profond…il faut entendre l’architecte comme le philosophe de l’espace, comme l’anthropologue de la création, le psychologue de cette dépendance entre corps es espace”.

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