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ARCHITECTURE HYBRIDE 7/10 : LES OUTILS DE CONCEPTION

parametric design, architecture and art

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Modèle Rhinoceros (image du dessus) et Modèle Straus7 (image du dessous)
images: HDA | Hugh Dutton Associés
projet: Philarmonie de Paris, arch: Jean Nouvel
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Comme nous avons déjà introduit jeudi dernier, le processus  de conception que nous développons dans l’agence  s’appuie sur des aller-retours constants entre différents outils de travail. Les logiciels de dessin 3D (Rhinoceros, Autocad), les croquis, les maquettes physiques, les logiciels de calcul de structures (Straus7), les outils de paramétrisation (RhinoScript, Grasshopper et API de Straus7) sont ainsi utilisés simultanément. Chacun de ces instruments représentent des modèles capables à la fois de simuler la réalité et de provoquer – stimuler – le processus créatif.
Nous avons expressément utilisé le mot « modèle ». La définition de ce concept donnée par le wikipedia français est particulièrement utile au développement de notre discours.
« Le mot modèle synthétise les deux sens symétriques et opposés de la notion de ressemblance, d’imitation, de représentation. En effet, il est utilisé :

- pour un concept ou objet qui est la représentation d’un autre (le « modèle réduit » ou maquette, le « modèle » du scientifique), à construire ou déjà existant.

- pour un objet réel dont on cherche à donner une représentation, qu’on cherche à imiter (exemple : le « modèle » du peintre, le « modèle » que constitue le maître pour le disciple).

Le premier sens est le sens original. Le second sens dérive de la pratique des architectes et ingénieurs (puis des scientifiques) consistant à construire d’abord un prototype, concret ou conceptuel, qui servira de « modèle » à une construction réelle : le modèle est ainsi devenu, en outre, l’assemblage de concepts représentant de manière simplifiée une chose réelle déjà existante (objet, phénomène, etc.), en vue de la comprendre, d’en prédire le comportement, etc. »

En effet, les outils dont nous nous servons pour façonner la réalité, présentent tous des caractéristiques différentes, ainsi que des degrés d’approximation variables et complémentaires. C’est pourquoi nous privilégions dans le processus de conception une approche à la fois simultanée, synthétique et non exclusive. Ce point est aussi mis en valeur dans wikipedia :

« Le modèle représente une réalité. Il ne constitue pas cette réalité, comme l’énonce l’adage « la carte n’est pas le territoire » ;
Un modèle n’est pas (et n’a pas à être) parfaitement ressemblant : on vise une ressemblance suffisante, qui dépend de l’utilisation souhaitée (ainsi, un sculpteur et un médecin n’utilisent pas le même modèle d’un corps humain) ; La qualité d’un modèle dépend des techniques disponibles ; Le comportement du modèle correspond dans une certaine mesure, et dans une certaine plage de validité seulement, au comportement de la réalité ; la ressemblance est, dans quelques cas, quantifiable.

La démarche est similaire à celle consistant à remplacer localement une courbe complexe par son cercle osculateur : licite, elle nécessite cependant du discernement. »
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Compte tenu que le concepteur travaille avec des représentations de la réalité et que celles-ci sont intrinsèquement limitées et approximatives, la combinaison d’une multiplicité de points de vue s’avère d’autant plus nécessaire. Dans la démarche spécifique de notre agence, cette pluralité de regards se voit aussi accompagnée par l’intérêt porté sur le développement d’une approche multidisciplinaire.
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Dans le domaine de l’architecture, la pratique courante propose la réalisation d’un parcours linéaire. Autrement dit, les différentes professions apportent leur savoir-faire à des moments temporellement ordonnés et successifs.
Contrairement à cette approche, notre démarche se caractérise clairement par la circularité (comme cela est signalé dans le diagramme ci-dessus), y compris pour les disciplines de l’architecture et de l’ingénierie. En effet, bien que historiquement les figures de l’architecte et de l’ingénieur aient été toujours fondues en une seule (Hugh Dutton cite l’exemple classique de Brunelleschi dans son entretien ), nous avons assisté depuis le XIXe siècle à une séparation de plus en plus nette entre les deux professions : « un état d’éloignement [...] » « comme un couple dont les partenaires ne se parlent plus ».

Notre démarche est celle de privilégier le retour à l’idée de l’architecte-constructeur, c’est-à-dire de favoriser un dialogue intime entre l’architecture et l’ingénierie. En effet, la mixité de notre équipe, composée d’architectes, d’ingénieurs et de designers, nous permet de travailler avec une méthodologie synthétique.
HDA est parmi les quelques agences d’architecture à intégrer des architectes, des ingénieurs, des designers travaillant ensemble au quotidien dans la même équipe. Ce fait apparait fortement significatif de la méthodologie de conception non-standard que nous formalisons par l’expression “conception hybride”.

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Ce texte est un extrait adapté de l’article Architecture Hybride: espaces sensibles et nouvelle conception. Credits article: Francesco Cingolani, Pierre Chassagne, agence HDA | Hugh Dutton Associés

“Architecture Hybride” est une série de 10 post que nous proposons tout les jeudis; voici les post des jeudis passés:

ARCHITECTURE HYBRIDE 1/10 : Espaces Sensibles et Nouvelle Conception

ARCHITECTURE HYBRIDE 2/10 : VERS UN NOUVEAU PARADIGME – LE MODELE APERTURE(S)ARCHITECTURE HYBRIDE 3/10 : ESPACES HYBRIDES

ARCHITECTURE HYBRIDE 3/10 : ESPACES HYBRIDES

ARCHITECTURE HYBRIDE 4/10 : ESPACES SENSIBLES

ARCHITECTURE HYBRIDE 5/10 : L’HOMME AU CENTRE DU NOUVEL ESPACE PUBLIC RELATIONNEL

ARCHITECTURE HYBRIDE 6/10 : HYBRIDITÉ, CONCEPTION ARCHITECTURALE, DESIGN

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