Le jeudi 6 Mai 2010 a lieu une conférence animée par Hugh Dutton à l’EPF, école d’ingénieurs à Sceaux, au Sud de Paris. Cette conférence est organisée par Marie-Thérèse Auclair, responsable de l’option “Mécanique des Matériaux et des Structures”.
Hugh Dutton animera principalement la conférence. J’interviendrai plus personnellement pour parler de la passerelle de La Roche sur Yon, en Vendée, qui a été inaugurée le 6 Février 2010. Le dossier de presse de cet ouvrage a déjà été publié lors d’un précédent post sur le blog.
A) Quel est, dans ta vision, le rapport entre l’architecture et l’ingénierie?
Pour moi l’architecture et l’ingénierie ces sont comme une femme et un homme mariés. J’aime imaginer l’architecture comme quelqu’un de libre et aléatoire et l’ingénierie comme un mari rigoureux.
Paul Geraldy disait que “il faut se ressembler un peu pour s’entendre, mais qu’il faut être un peu différent pour s’aimer”. C’est comme-ça que je conçois le rapport entre l’architecture et l’ingénierie.
Dans ce rapport, chaque une de deux partie veut se compléter elle-même par l’autre, dans un échange d’énergie continu. Comme Hugh Dutton a déjà dit, pour moi aussi la situation actuelle de la profession témoigne, sauf certaines exceptions, d’un état de crise de ce couple. Les deux partenaires s’éloignent et veulent exercer un pouvoir sur l’autre, ce qui provoque une maladie dans la relation. Les amoureux deviennent ainsi deux monstres qui se font la guerre.
Manuele Baldoni > "THE BIG REAL - awful silence" acrilico su stoffa e legno 2x30x40
En occasion de la publication imminente de son article “Construis ta ville toi-meme!” dans un magazine toute nouvelle et “top-secret” pour le moment, nous avons rencontré Concetta Sangrigoli, architecte-urbaniste 2.0, pour notre entretien sur l’architecture et l’ingenierie.
A) “Quel est, dans ta vision, le rapport entre l’architecture et l’ingénierie?”
Concetta est une de ces architectes qui aiment se situer à mi-chemin entre plusieurs domaines. Elle propose une approche mutli-facette de l’intervention architecturale. Elle voit l’architecte comme un non-spécialiste qui coordonne les métiers plus tectoniques, qui ne peuvent pas se limiter au domaine de la construction – voir le mouvement #thinkark.
C’est pourquoi elle travaille avec des sociologues, des specialistes des medias et, bien sur, avec les citoyens. Pour elle, “l’architecture est la recherche de solutions simples à des problèmes complexes”, une definition qui a toujours été mis en avant dans le discours teorique de l’agence Ecosistema Urbano, que nous avions déjà mentionné ici.
Lors de notre rencontre précédente, en occasion du CartoCamp à la cantine, j’avais beaucoup apprécié l’ironie avec laquelle CS avait parlé de ces architectes qui pensent encore que l’architecture consiste dans le dessin de jolies façades…
“Je voudrais préciser aux ingénieurs que lorsque on voit un squelette, cela veut dire que la personne est morte. Pour l’architecture, c’est pareil…”
Ainsi Jacques Famery avait commencé son discours devant un jury d’ingénieurs le jour de ma soutenance de diplôme d’architecture-ingénierie en Italie (images ci-dessus). Il était invité spéciale de l’école Polytechnique de Ancone et devant sa provocation intelligente, le public était partagé.
Aujourd’hui nous le rencontrons pour lui poser nos 4 questions concertant l’architecture, l’ingénierie, la complexité et le monde contemporain.
Jacques Famery est designer, créateur d’architecture, ancien enseignant à L’Ecole d’Architecture de Paris La Villette où il a développé une théorie sensorielle de l’enseignement architectural. Il est aussi auteur de la celebre chaise Kaleidoscope, dont la conception est particulierement proche à notre demarche d’agence d’architecture ( la forme EST la structure, ou STRUCTURE FOLLOWS FORM).
A) “Quel est, dans ta vision, le rapport entre l’architecture et l’ingénierie?”
JF déclare la nécessité de séparer radicalement le processus de la pensée technique (rationnel et mécaniste) et le processus de la pensée architecturale (qui est d’ordre sensible). Dans ce sens, nous subissons quelque part l’héritage du “constructivisme” et du fonctionnalisme modernes qui a célébrent une approche technique et productiviste à l’architecture (nous avions déjà fait référence ici à la machine à habiter de Le Corbusier).
Hugh Dutton est le premier architecte à répondre à la série de 4 questions que nous souhaitons utiliser comme outil de recherche atour des questions de l’architecture, l’ingénierie, la culture complexe contemporaine et la figure de l’architecte dans le future.
L’idée est d’interviewer des personnalités différentes liées au monde de l’architecture, du projet, de la construction, afin de pouvoir construire un débat ouvert sur ces sujets.
Hugh, directeur de notre agence, propose une interprétation relationnelle des spécificités de l’architecture et l’ingénierie. En citant des exemple tels que Brunelleschi (l’homme architecte et ingénieur au même temps), il expose son regard critique envers l’ “état d’éloignement” de ces deux professions, “comme un couple dont les partenaires ne se parlent plus” et il explique comment à l’agence nous travaillons ensemble, architectes et ingénieurs, avec la vision d’une réconciliation de la créativité avec la technique.